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Publications

Marie au plus près des Écritures et dans la tradition
Guy Touton

Appuyé sur des travaux d’exégèse solides, confrontant les interprétations, fouillant les données de l’histoire, dans un esprit de rigueur théologique, ce livre voudrait aider à approcher la personne de Marie.
Les questions typiquement modernes de la virginité de Marie, des frères de Jésus sont abordées de façon originale et exhaustive. Les questions épineuses du mal, du péché, originel et personnel, de la mort, de la souffrance, du statut de l’Adam originaire face aux découvertes de la paléontologie, sont confrontées à la lumière essentielle des Écritures. Le sacerdoce des femmes n’est lui, non plus, pas oublié.
Ainsi, notre auteur par le mariage d’un style étonnamment poétique et d’une rigoureuse théologie visite le mystère marial. Nous entrons pas à pas dans le dessein divin, dans le drame du mal qui mine le monde, dans l’intimité spirituelle d’un petit couple juif, dans le véritable sacerdoce que fut la vie de cette Femme, dans la grâce aérienne qui accompagne les œuvres de l’Esprit, et couronne un être d’autant plus lumineux qu’il fut infiniment simple.

L'auteur :
Guy Touton, religieux dominicain est auteur d'ouvrages de spiritualité. Il a préché le 100e Pèlerinage du Rosaire à Lourdes.


Année : 2012
Editeur : Artège
EAN13 : 9782360400836
Nombre de pages : 596

Revue du Rosaire
Frère Gilles Danroc

Guy Touton op : Marie, au plus près des Ecritures et dans la tradition. Perpignan, Artège, 2012. 596 pages.

Voici, enfin, une véritable somme de théologie qui se laisse lire de bout en bout comme on mange un bon gâteau jusqu’à la dernière miette. Un gros bon livre de presque 600 pages que je n’hésite pas à mettre dans les mains des non initiés. Le plus souvent les gros livres de théologie ennuient jusqu’au détail qui apparait comme une complication et empêche la vue d’ensemble. Là les détails abondent mais font vivre l’ensemble comme par une dynamique interne, un secret éblouissant, un caillou blanc qui ouvre une perspective. Allez lire de ma part et sans tarder le chapitre : « La Vierge » (pp 205-343) et vous comprendrez la joie de voir se reconstituer sous vos yeux rien moins que le puzzle du projet de Dieu sur l’homme. C’est que l’auteur si donne tout entier, corps et main d’écrivain, de poète, esprit et âme de chercheur de Dieu. Dans le fond, c’est l’énergie du prêcheur parti à la rencontre de la Bible qui soutient cette écriture sereinement passionnée capable de dire l’émerveillement comme la traversée d’angoisse. S’il y a bien dans l’expression humaine deux familles qui passent leur temps à ne pas se comprendre, celle de l’harmonie opposée à celle du tragique, les figures de Jésus et de Marie, contemplées au plus près de l’Ecriture et de la Tradition se laissent découvrir tout à la fois comme beauté pure et tragique absolu. Voilà ce que permet, à propos de Marie, l’écriture acérée de l’étude et contemplative de la poésie. Le frère Guy Touton allie profondément l’une et l’autre, mieux se nourrit de l’une mêlée de l’autre. Pour notre bonheur. Marie n’est pas un chapitre simple ou obligé de la théologie comme Jésus ne se réduit pas à la christologie. Marie est avant tout une personne singulière en pleine pâte humaine dans cette densité de l’histoire en train d’être récapitulée dans le Christ. Ici, elle respire au rythme de l’histoire de l’humanité où vibre à l’intérieur l’histoire sainte. Marie n’est plus réduite au poids desséché du nombre de versets qui lui sont consacrés mais toute illuminée du désir de beauté et de salut qui traverse toute la Bible du jardin des origines à la Jérusalem céleste. Marie, au plus près des Ecritures prend doucement visage devant nous, figurée par tant de visages qui la précèdent et qui la suivent, à commencer par le visage de Jésus en qui nous voyons le Père. (Jn 14, 9) Le frère Guy Touton relie l’approche exégétique du frère Philippe Lefebvre- La Vierge au Livre, Paris, Cerf, 2004- et l’œuvre théologique et mystique du Père Urs von Balthasar centrée sur la figure du Christ récapitulant les figures comme un tableau du peintre Pierre Bonnard fait de mille touches de peinture tout aussi précises que floues. La théologie de la récapitulation chère à Saint Paul et fondatrice de la théologie de saint Irénée est ici convoquée pour rassembler dans l’unité le singulier, le particulier et l’universel autour de la figure du Christ. Et c’est là que le visage de Marie brille d’un éclat magnifique et retenu, en pur reflet de celui de son fils qui est aussi son créateur et sauveur. C’est là aussi que se profile en filigrane le visage lumineux de l’humanité tout à la fois marqué par le péché et tendu vers la résurrection. Car l’Incarnation, la venue du Verbe dans la chair, résume le choix de Dieu de se révéler à nous et de nous révéler à nous –mêmes. A travers le déploiement de la figure de Marie récapitulant les Ecritures à la plénitude du temps de la visite de Dieu, le frère Guy Touton fait surgir le visage de l’humanité selon le cœur de Dieu. L’Incarnation révèle Dieu à l’homme et l’homme à l’homme dans l’humanité du Christ. C’est pourquoi la première partie de cette longue étude s’intitule fort précisément : Ce Fils qui vient de loin : racines pp 7-140. Qui en vient à conclure que « le Logos est le fin mot des Ecritures. On peut le lire à livre ouvert, il a signé de son sang ce qu’il a enseigné » (p.140) Dès lors, la « Grandeur cachée de la mère » se révèle en révélant celle de son fils (pp 141-590). Jésus de Nazareth, « né d’une femme, sujet de la Loi » (Ga 4,4) est le Fils unique et bienaimé, « envoyé par le Père non pour condamner le monde mais pour le sauver » (Jn 3,16). Dès lors, l’Eglise contemple dans le Christ l’union sans confusion de Dieu et de l’homme dans ce merveilleux échange qui s’inaugure à la Noël. C’est bien ce que déploie la Tradition premièrement en contemplation du Christ et, ensuite, en découvrant les titres de Marie qui ponctuent les avancées du dogme christologique comme en écho. Ainsi Marie va être proclamée Mère de Dieu parce que Mère du Christ et Mère de Jésus dès que l’affirmation de l’unité de la personne de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. Fidèle à sa lecture de l’histoire sainte accomplie en Jésus, le frère Guy Touton va mettre l’accent sur ce vieux titre de Marie, nouvelle Eve, donné dès le 2 éme siècle par saint Irénée, à l’aube de la théologie chrétienne. Si Eve est bien la mère des vivants, Marie, au centre de l’histoire, est la mère des croyants. Ce titre de nouvelle Eve va introduire la nouveauté récente de l’Immaculée Conception au milieu du 19 ème siècle, largement pressentie depuis les commencements de l’Eglise. La « Fille de Sion » joyeusement pressentie par la foi multiséculaire d’Israël conduit à « l’Immaculée » qui exprime splendidement notre nature humaine faite pour Dieu quand Dieu sera tout en tous. Ainsi se boucle ce beau livre qui emportera les plus frileux d’entre nous dans la flamme qui brûle sans détruire. Le frère Guy Touton a fait là véritable œuvre de prédication de l’Evangile. Qu’il en soit remercié.

Frère Gilles Danroc op